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Israël & Palestine (ou) Les jeunes victimes de vieilles légendes manipulées

Ils étaient opprimés pour des raisons politico-religieuses.

Ils émigrèrent.

Ils traversèrent une mer.

Ils rejoignirent une terre.

Ils étaient les Conquistadores.

Ils devinrent les Pères Fondateurs.

Ils colonisèrent leur Nouveau Monde.

Ils réduisirent en esclavage une partie de ses habitants et massacrèrent tous les autres. Ils le firent pour obéir à un ordre de Dieu.

Ils se distinguent ainsi d’une infinité d’envahisseurs moins évolués.

Condamnés par leur propre avidité et prospérité, les colonisateurs se multiplièrent puis se divisèrent en une douzaine de tribus qui se méprisaient et se combattaient les unes les autres. Elles finirent colonisées par un Empire qui n’avait pas le moindre mandat divin.

Les bureaucrates et les religieux comme les commerçants et les artisans collaborèrent avec l’envahisseur qui finit par les assimiler.

Les paysans, expropriés, furent réduits en esclavage sur leurs propres terres.

Ils n’oublièrent jamais la différence de traitement.

Ils émigrèrent nombreux, parfois comme citoyens de l’Empire. Leurs identités se diversifièrent ultérieurement, influencées par celles des pays d’accueil, comme toujours.

Plus tard, en Europe, et en Europe seulement, ils subirent une persécution parce qu’ils n’avaient pas eu le beau rôle dans une belle légende, pilier d’une nouvelle religion dominante.

Le fouet de l’Injustice et le fléau de la Violence les séparèrent du troupeau des brebis blanches, noires pour eux.

Ils formèrent des petites communautés, différentes entre elles et unies par la même bigoterie élitaire.

Une persécution qui n’élimine pas les opprimés les renforce.

C’est le principe même de la résilience.

Le système “persécution & bigoterie élitaire” conserva les rares spécificités de ces humains, les empêchant de se mélanger aux autres et de disparaître, selon une modalité qui advient partout, depuis toujours, et dans le symbole au sommet de cette page.

Au siècle dernier, la persécution rejoignit un paroxysme qui renforça leur conscience identitaire au-delà de toute vraisemblance.

Voyons comment, en trois points.

1.Un génocide devait mettre fin à leur existence.

2.Grâce à Dieu, un massacre généralisé mit fin au génocide.

3.Ceux qui échappèrent au génocide étaient citoyens des pays les plus divers. Ils se présentèrent comme un peuple, comme une nation sans patrie. Quand ils évoquaient le nom sacré de La Patrie Perdue qui devait renaître, ils se prosternaient comme devant une idole.

Ce pays n’avait existé que comme le Phénix dans une mythologie religieuse. Il renaquit de ses cendres dans une mythologie nationaliste, mensongère et intéressée comme toutes les autres.

Après la Deuxième Guerre mondiale, un pot-pourri humain envahit un pays en cours de décolonisation.

Cette expédition coloniale multinationale fut supportée par les puissances victorieuses occidentales, pour des raisons géopolitiques liées à l’approvisionnement en pétrole et au contrôle des routes maritimes.

Elles reconnurent les territoires conquis comme un nouvel État et le traitèrent en ami et allié stratégique. Sa création joyeuse fut l’occasion de l’expulsion de 750.000 autochtones, qui eurent au moins la chance de ne pas être exterminés. Ils furent amassés dans la partie non conquise du pays et dans les pays voisins, en d’immenses camps de concentration. Les journalistes les appelèrent « camps de réfugiés ».

Depuis des années, profitant de tensions régionales sagement entretenues, le nouvel État, resté sans Constitution ni frontières, envahit puis annexe à son propre territoire des portions d’états voisins, « pour sa propre sécurité », selon une doctrine qui encourage les inimitiés. Le plus faible État envahi est reconnu par tous les États du monde, ou presque. Font exception les puissances occidentales et leurs vassaux. Ainsi, aucune sanction n’essaye jamais de s’opposer aux violations systématiques des lois internationales par l’État dominant.

Désormais, le pays le plus faible a été réduit à deux régions encerclées par les envahisseurs.

La plus grande est aussi occupée. Sa population est soumise chaque jour à des humiliations, à des expropriations forcées, à des incarcérations pour punir la moindre réaction verbale, et à des meurtres ciblés pour prévenir les réactions violentes.

La plus petite, selon les journalistes, est une enclave. Le mot signifie enfermé à clé. Probablement, ces journalistes appelleraient enclave un cœur qui pulserait encore, enfermé à clé dans un corps envahi par le cancer.

Il y a 18 mois, ce cœur explosa.

Bien sûr, les gouvernants du pays dominant s’y attendaient. Ils avaient fait de leur mieux pour qu’il explose. Conquérants bigots et hypocrites, ils avaient suscité la réaction violente dont ils avaient besoin pour attaquer, tout en maintenant leur statut officiel de victimes qui se défendent, aux yeux des parrains occidentaux et des populations démocratiques, ponctuellement informées par les journalistes.

L’explosion de violences fut l’occasion rêvée pour lancer la solution définitive. Ils ne l’appelèrent pas « La Solution Finale » parce que le copyright avait été déposé par d’autres grands criminels de l’Histoire.

Depuis 18 mois, les villes de l’enclave sont rasées par des bombardements et les terrains agricoles sont détruits par des bulldozers.

La région contrôlée par les occupants est plus favorisée. Ils n’y détruisent que les maisons et les rues des habitants incarcérés et torturés par normale exigence sécuritaire. Ils n’y détruisent que les villages dont ils occupent les terres agricoles, pour y installer de nouveaux colons venus du monde entier.

Avant-hier, encore, les journalistes ont dénoncé un scandale bien connu. L’enclave est au bord de la catastrophe. La population est au bord de la famine. Les enfants sont au bord d’une malnutrition fatale.

En clair, des gens meurent de faim et de soif, mais « au bord », c’est-à-dire en nombre inférieur à ceux qui meurent bombardés en gros ou assassinés au détail par des tireurs amateurs et par des tireurs d’élite.

Ces criminels sont « au bord » d’un orgasme.

Les bons chrétiens les invitent à la trêve en latin : « genocidus interruptus ».

Hier, cédant à des pressions internationales, le criminel de guerre qui gouverne le pays dominant a dit avoir restauré de minimes fournitures d’eau, alors qu’il avait seulement craché au visage d’enfants morts de soif. Les journalistes ont rapporté ses paroles rassurantes, évoquant la fin de l’embargo.

Aujourd’hui, l’indignation est telle que trois puissances occidentales ont tapé du poing sur la table. Elles menacent la cessation éventuelle de fournitures d’armes au pays dominant, et des sanctions économiques si la situation des victimes ne s’améliore pas de toute urgence, dans les prochains mois.

Ils ont le sens de l’humour. Ce n’est pas celui dont parla Christian Bouche-Villeneuve, alias Chris Marker, quand il dit « L’humour est la politesse du désespoir ».

24 mai 2025
Jean Santilli

P.-S. Le titre de l’article et le symbole qui l’introduit indiquent la solution. Comme les deux couleurs qui se croisent dans le symbole, comme le font tous les peuples qui se rencontrent et se combattent, Israël et Palestine devront « s’unir & disparaître » dans la couleur verte d’un nouvel État, d’un vrai État où les vieilles croyances resteront à leur place : dans le cœur et dans l’âme des croyants.

Ce sera possible dans quelques générations, quand les autres états régionaux se seront unis eux aussi, comme l’ont fait d’autres ennemis éternels en Europe, après une catastrophe. Cette vision est née d’un autre drame.

L’U.T.P. – Un changement de paradigme pour le Moyen-Orient fut publié en 2014, alors qu’un autre “état” religieux et sans frontières dévastait la région : l’ISIS.

On peut lire et télécharger la version française ici :
https://www.academia.edu/8575849

NB : Cet article indique tous les responsables d’horreurs qui durent depuis des décennies, et d’un génocide en cours. Écrit en mai 2025, il complète celui d’octobre 2024 :
« Israël ! Cesse de manipuler le sentiment de culpabilité de l’Europe ! ».

On peut le lire et le télécharger ici : https://www.academia.edu/125290218

Le copyright des deux textes n’empêche pas leur libre circulation et reproduction à des fins non commerciales.

Copyright Jean Santilli 2025

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